Depuis janvier 2025, la Croatie est le théâtre d’un mouvement de boycott des magasins d’une ampleur inédite. Face à l’inflation galopante et à la flambée des prix des produits de première nécessité, les consommateurs croates ont décidé de riposter en lançant des journées de boycott contre les grandes enseignes de distribution. Ce mouvement, initialement organisé sur les réseaux sociaux, a rapidement pris une ampleur nationale et s’est étendu à plusieurs pays des Balkans.
Pourquoi un boycott des magasins en Croatie ?
L’inflation a frappé de plein fouet la Croatie, avec des prix alimentaires en hausse de plus de 30 % en trois ans. Certains produits de base ont vu leur prix exploser :
- Les œufs ont augmenté de près de 60 %
- Le pain coûte désormais 50 % plus cher
- Les produits laitiers, viandes et huiles subissent des hausses importantes
Ces augmentations ont provoqué une véritable colère populaire, amplifiée par l’adoption de l’euro en janvier 2023, qui a contribué à la perception d’une montée des prix généralisée.
C’est dans ce contexte que le groupe Facebook « Halo, Inspektore » a lancé un appel au boycott des magasins, afin d’envoyer un message fort aux détaillants et aux grandes surfaces.
Un impact immédiat sur le commerce
Le premier boycott, organisé le vendredi 24 janvier 2025, a connu un succès retentissant :
- Une baisse de 44 % des transactions a été enregistrée dans les commerces.
- Le chiffre d’affaires des grandes surfaces a chuté de 53 % en une seule journée.
- De nombreux magasins sont restés quasi vides, signe d’un soutien massif des consommateurs.
Face à l’ampleur du mouvement, les organisateurs ont rapidement annoncé de nouvelles journées de mobilisation, espérant faire pression sur les distributeurs pour une baisse significative des prix.
La réaction des grandes enseignes et du gouvernement
Confrontées à la pression des consommateurs, plusieurs chaînes de supermarchés ont réagi :
- Kaufland Croatie a annoncé une baisse des prix sur plus de 1 000 produits dès le 5 février 2025.
- Konzum, le plus grand détaillant du pays, a investi 1 million d’euros pour geler et réduire les prix de 250 produits alimentaires essentiels.
Le gouvernement croate a également pris des mesures en élargissant la liste des produits dont les prix sont plafonnés, passant de 30 à 70 articles. Désormais, des produits essentiels comme le pain, les pâtes, les conserves, les produits laitiers et les charcuteries sont concernés par ces régulations.
Les nouvelles mesures sont entrées en vigueur début février, laissant une semaine aux distributeurs pour s’adapter.
🔗 Regardez le reportage sur ce mouvement de boycott en Croatie :
Les consommateurs croates lancent un boycott des grands détaillants
Une mobilisation qui dépasse les frontières croates
Ce boycott ne s’est pas limité à la Croatie : d’autres pays des Balkans ont suivi l’exemple. Des appels similaires ont été lancés en :
- Bosnie-Herzégovine
- Monténégro
- Macédoine du Nord
- Serbie
Dans ces pays également, les consommateurs se mobilisent pour dénoncer la hausse des prix et demander des mesures concrètes aux gouvernements et distributeurs.
Quel avenir pour le mouvement de boycott ?
Ce boycott a démontré la capacité des citoyens à se mobiliser efficacement contre la hausse des prix. Si les enseignes et le gouvernement ont déjà réagi en prenant des mesures d’urgence, il reste à voir si ces actions auront un impact durable sur le pouvoir d’achat des consommateurs croates.
Le succès du boycott montre que la pression populaire peut faire bouger les lignes, mais la question centrale reste : ces réductions de prix seront-elles suffisantes ?
Les prochaines semaines seront cruciales, et les organisateurs du boycott n’excluent pas de nouvelles journées d’actions si les prix ne baissent pas de manière significative.
Un boycott historique en Croatie
Ce mouvement de boycott marque un tournant en Croatie et dans les Balkans. Il met en lumière les difficultés économiques des ménages, mais aussi la capacité des citoyens à influencer les politiques des grandes enseignes et des gouvernements.
Alors que la pression reste forte sur les détaillants, les consommateurs attendent désormais des changements concrets et durables. Les prochaines annonces des supermarchés et du gouvernement seront décisives pour l’avenir du mouvement.











